Atteinte à la biodiversité
Les écosystèmes sont très complexes, toujours en changement, en équilibre dynamique; des espèces se sont toujours éteintes alors que d'autres apparaissaient, mais vu la vitesse des changements actuels, beaucoup d'espèces ne sauront pas réagir à temps...
Chaque espèce possède une aire favorable, c'est l'endroit où les conditions, entre autres climatiques, lui permettent de croître et de se reproduire. Si cette aire se déplace à cause du réchauffement, les espèces peuvent migrer, soit directment comme c'est le cas pour les oiseaux, soit par exemple pour les plantes par le déplacement des graines à chaque épisode de reproduction.
Une augmentation de la température de 3°C représente un déplacement de 500 km vers le Nord (ou vers le sud pour l'hémisphère Sud) de la zone favorable, ou alors de 500 mètres plus en altitude. Ceci causera peut être peu de problèmes pour des oiseaux migrateurs, mais pour des espèces comme les arbres, qui ne peuvent se déplacer que de quelques kilomètres par siècle, c'est une distance énorme. En Suisse, l’augmentation de température de 1.5°C a déjà poussé un certain nombre d’espèces à se déplacer vers les sommets, mais ce déplacement d’air est limité par le relief…
Une destruction de la végétation nuit aux espèces qui se nourrissent des plantes. Il est donc primordial de conserver l'habitat.
Les écosystèmes sont très fragiles. Une migration d’insectes vers le nord peut créer des ravages écologiques, car les espèces présentes ne sont pas habituées à ce nouvel arrivant et ne savent donc pas comment se défendre.
La migration d’espèces exotique est déjà en cours, par exemple au Tessin où l‘on rencontre de plus en plus de palmier dans les forêts de feuillus.
L'action de l'homme a déjà causé une grosse perte de biodiversité, entre autres à cause de la destruction des habitats naturels ou à cause de la chasse, mais également par l'effet indirect du changement de climat:
- Les récifs coralliens sont très sensibles au réchauffement, même très faible, comme on l'a vu avec le phénomène El Niño. El Niño est un courant océanique qui réchauffe les eaux par endroits, et crée un refroidissement dans d'autres. Ce phénomène naturel peut être accentué par les changements climatiques. Entre 55 et 95% des coraux de l’océan Indien sont déjà morts par suite du réchauffement des eaux. Cet écosystème possède une grande biodiversité, il abrite 65% de toutes les espèces de poissons des océans.
- Selon les estimations, d’ici à 2050, les forêts tropicales, qui abritent entre 50 et 80% des espèces animales et végétales de la planète, pourraient commencer à disparaître suite au réchauffement et à la diminution des précipitations dans certaines régions. Les forêts des régions tempérées sont menacées par l’augmentation des feux de brousse liée à la sécheresse, notamment les forêts de conifères du Parc national de Yellowstone aux Etats-Unis. Si les forêts mouraient, ce serait une grande perte de biodiversité, mais en plus cela accélèrerait le réchauffement climatique…
- Une augmentation du niveau des mers de 1 mètre par la dilatation des océans et la fonte de la banquise ferait disparaître 40 à 50 % de marais côtier, en menaçant de nombreuses espèces, entre autres d’oiseaux
Les îles du Pacifique sud et de l’Océan Indien (Maldives, îles Marshall) seraient engloutis par la montée du niveau des eaux.
- Le cycle des saisons a été perturbé. Le printemps arrive de plus en plus tôt, ce qui a des répercussions sur le comportement et le cycle de reproduction de nombreux animaux. La vernalisation, c’est-à-dire le passage au froid, est indispensable à certaines espèces pour pouvoir germer. L'hiver permet également de tuer les insectes ravageurs. Des températures froides en hiver permettent à l'eau de surface de descendre en profondeur, car l'eau froide est plus dense. Ce renouvellement des eaux permet à l'oxygène d'atteindre les profondeurs, ce qui est essentiel à la vie aquatique.