Le pétrole et le gaz naturel comptent
respectivement pour 40% et 25% dans la structure de la consommation
mondiale d’énergie. Le pétrole et le gaz naturel
sont complémentaires, mais sont non-renouvelables. La
dépendance vis-à-vis des hydrocarbures est donc
très élevée et les deux chocs pétroliers
n’ont pas sensiblement modifié la donne au niveau
mondial.
Dans nos pays,
ces énergies sont exclusivement importées. Il y a donc
une dépendance absolue.
D’un autre
côté, les pays producteurs de pétrole, dont les 11
membres de l’OPEP qui à eux seuls possèdent plus de
70% des ressources, sont tout autant dépendant des pays
importateurs. En effet, les revenus de ces Etats sont pratiquement
exclusivement issus de la vente d’hydrocarbures. On peut donc
parler non pas de dépendance des pays importateurs face aux pays
exportateurs, mais d’interdépendance.
Quant on voit l'importance du pétrole et qu'on sait
que
deux tiers des réserves de pétrole mondiales se trouvent
au Moyen-Orient, on s'étonne moins de voire toutes les tensions
politiques qui existent dans ces régions et
l'intérêt des américain d'avoir un contrôle
dans ces pays. Comme
exemple, la première guerre du Golf en 1990-1991 a
été déclanchée
principalement en raison de la menace de l'Irak de contrôler le
pétrole
dans la région: en envahissant le Koweit, l'Irak, ennemi des
Etats-Unis, aurait pu concurrencer dangereusement l'Arabie
Saoudite,
gros producteur de pétrole et proche alliée des
Etats-Unis. Ces conflits risquent d'avoir de plus ne plus d'importance
car les
réserves de pétrole diminuent, ce qui augemente la
pression.
Les pays membres
de l’OPEP sont tous situés dans des zones
« politiquement turbulées » ce qui représente un
risque de menaces très important. Lors des deux
crises du pétrole dans les années septante et plus
récemment avec l'ouragan Katrina en Louisiane, nous avons pu
constaté l'escalade des prix du baril dès qu'un risque de
pénurie apparaît . Les pays importateurs de pétrole
sont donc très vulnérables et un simple changement de
régime politique suffit à entraîner une grave crise
pétrolière, comme ce fut le cas en 1979 lors du
renversement du Shah d'Iran. Nous ne sommes pas non plus à l'abri de tensions liées à l'approvisionnement de gaz naturel comme nous avons pu le constater lors de la fermeture du gazoduc entre la Russie et l'Ukraine en janvier 2006 .
Les
réserves de pétrole prouvées suffiraient, selon
les estimations, à subvenir à nos besoins pendant encore
environ 40 ans et d'une cinquantaine d'année pour le gaz
naturel. Mais il y a deux facteurs qui relativisent ces chiffres.
Premièrement, la consommation de pétrole ne cesse
d’augmenter. En effet, si par exemple le taux de motorisation de
la Chine atteignait actuellement celui des pays les plus industrialisés, il faudrait
l’ensemble de la production mondiale pour subvenir aux besoins de
ce seul pays. Deuxièmement, les avancées de la
technologie permettront certainement dans un avenir proche
d’exploiter de nouvelles zones pétrolifères
à des coûts intéressants.
En fonction des
choix politiques, la dépendance au pétrole n'est pas la
même d'un pays à l'autre. En effet, des pays comme les USA
misent plus sur le pétrole que des pays comme la France qui
favorisent plutôt le nucléaire ou la Suisse
l'hydroélectricité. Le nucléaire ne constitue
pas non plus une énergie renouvelable, les quantités
d'uranium ne sont pas très importantes et il doit aussi
être importé.
Pour qu'un pays puisse se développer, il doit avoir accès aux ressources pétrolières. La croissance économique est en effet nécessaire au développement.