Le climat de demain 
L'augmentation de l'effet de serre élève la température moyenne sur Terre et augmente les précipitations
Ces effets sont reconnus par les scientifiques, il n'y a par contre pas de consensus sur l'ampleur du phénomène à venir. Il est également difficile de savoir avec précision quelles régions seront touchées.
Une partie de ces effets, notamment les sécheresses, les inondations et les tempêtes tropicales, a déjà augmenté en fréquence ou en intensité. De manière générale, on prévoit une augmentation du nombre et de l'ampleur des événements extrêmes.
Ce qui nous attend le plus probablement est une augmentation de ce qui a déjà été observé, mais il faut également tenir compte d'un potentiel effet de seuil. L'augmentation progressive de la température ne suscite pas forcément une augmentation progressive des effets: passé un certain stade, il peut y avoir une brusque ou considérable augmentation de l’ampleur des conséquences.
Sécheresse ou inondations?
L'élévation de la température a des incidences sur le cycle de l’eau : elle accélère l’évaporation et permet à l’air d’emmagasiner plus de vapeur d’eau. Comme la vapeur d’eau ne peut s’accumuler dans l’atmosphère, il y a plus de précipitations. Ces précipitations ne sont pas réparties équitablement, il pleut plus à certains endroits, moins à d’autres. Certaines zones souffriront d'inondations, d'autres de sécheresse. Avec l' augmentation du nombre et de l'ampleur des événements extrêmes ainsi une mauvaise répartition des précipitations, certaines zones peuvent souffrir à la fois de sécheresse et d'inondations, comme on a pu le voire en 2005-2006 en Suisse: plusieurs cantons ont subis des inondations en août, alors que les moins de décembre et de janvier ont été particulièrement secs.
Le GIEC prévoit plus de précipitation aux latitudes 60 Nord (le Nord de l'Europe) et Sud, moins aux latitudes 30 Nord (Californie, Mexique, Sahara) et Sud (Australie, Argentine, Afrique du Sud). Les régions qui recevraient moins de précipitations sont donc des régions déjà très sèches, ce qui accentuerait le processus de désertification. De plus, le risque d'incendies augementerait.
Le réchauffement entraîne une dilatation des océans, la fonte des glaciers, et, à plus long terme, la fonte de la calotte glaciaire. Sans prendre en compte la fonte de la banquise, le GIEC prévoit une élévation du niveau des mers de 0.8 mètres d’ici à 2100, ce qui metterait sous l'eau d'immenses surfaces (voir les conséquences sociales et l'impact sur la biodiversité). Actuellement, le niveau des océans s'élève de 3 millimètres par an en moyenne.
Ouragans?
Un ouragan se crée sur une eau de surface supérieure à 27°. Avec une augmentation de la zone où cette température est atteinte, cela peut favoriser des ouragans plus fréquents ou plus intenses. Durant l'été 2005, le nombre d'ouragans de forte intensité dans les Caraïbes a été particulièrement élevé.
Un réchauffement pour tous?
Un des effets les plus visibles du réchauffement sous nos latitudes est la fonte des glaciers et les vagues de chaleur. En Suisse, la température a déjà augmenté de 1.5°C. Des canicules comme celles des étés 1998 et 2005 pourraient se reproduire un été sur deux dans l’hémisphère nord. Les précipitations seraient accrues en hiver et diminuées en été, il y aurait donc plus de neige...
Selon le GIEC, le Gulf Stream pourrait disparaître après 2100, ce qui ferrait chuter les températures en hiver en Europe du Nord de plus de 10°.
Un aspect positif du réchauffement en hiver est la réduction de la demande d’énergie à des fins de chauffage, mais s'il n'y a pas en parallèle d'augmentation de la demande d’énergie à des fins de climatisation en raison de la hausse des températures estivales.
La fin de l'hiver en Sibérie et au nord du Canada?
Dans les pays nordiques, le climat serait plus doux, ce qui serait plutôt positif pour des pays comme la Russie. Malheureusement, un réchauffement au Nord a d'autres conséquences: l'augmentation de température entraîne la fonte du permafrost (ou pergélisol, la couche terrestre gelée en profondeur que l’on trouve dans les régions polaires, dans le sous-sol de la toundra). La toundra recèle 5 fois plus de carbone que l’humanité n’en émet chaque année. Le réchauffement entraîne déjà un dégel du permafrost, qui libère de la matière organique auparavant emmagasinée dans le sol. Cette matière organique relâche du carbone dans l’atmosphère qui avait été emprisonné dans le permafrost depuis des milliers d’années. Cela ne fait donc qu’augmenter le réchauffement...
Si ces zones ne restent pas marécageuses, cela pourrait augmenter la surface cultivable. Mais l'augmentation de la température aurait surtout lieu en hiver, or c'est une augmentation en été qu'il faudrait pour que les cultures puissent en bénéficier.